manifestation de solidarité envers les migrants grévistes de la faim en Grèce

Mardi 8 février 2011 devant l‘ambassade grecque dans Berlin
Fight EU Border Control
Le 25 janvier en Grèce, 300 migrants ont entamé une grève de la faim. Ils réclament la légalisation collective de tous ceux qui, de par leur origine, sont mis à l‘écart de la société grecque – demandeurs d‘asile, réfugiés sans reconnaissance, personnes mises hors la loi, travailleurs immigrés exploités. Ce n‘est pas la première grève de la faim en Grèce : déjà auparavant, des gens se sont vus dans la nécessité de recourir à ce moyen draconien pour défendre leurs droits.

„Nous sommes venus en Grèce, où nous travaillons pour nous nourrir, nous et nos familles. Nous vivons privés de dignité, dans l‘ombre de l‘illégalité, et les patrons comme l‘État tirent profit de l‘exploitation à laquelle nous sommes soumis. Nous vivons par la force de nos bras et avec le rêve d‘avoir un jour les mêmes droits que nos collègues grecques. […] Il est temps d‘opposer une réponse aux mensonges et à la cruauté, et cette réponse doit venir de nous, les migrants. Nous nous plaçons au premier rang, au risque de notre vie, pour faire cesser cette injustice. Nous réclamons la légalisation de tous les migrants, nous réclamons les mêmes droits et les mêmes devoirs que les travailleurs grecques. „
Rassemblement des migrants en grève de la faim, en janvier 2011

Les personnes poursuivant la grève de la faim ne dénoncent pas une situation qui se limiterait à la Grèce. Ils parlent des conséquences de la politique européenne consistant à fermer les frontières et à exclure des personnes de la société. Les tentatives pour rejoindre l‘Europe, souvent, se soldent par la mort. Réfugiés et migrants ne sont pas les bienvenus en Europe, et des barrières, des polices-frontière, des agences frontalières, des camps d‘internement et des programmes d‘expulsion prolifèrent – rien que pour bannir au loin les indésirables. Mais les rêves et les aspirations de ces indésirables sont plus forts, et en ont rendu de nombreux capables de passer les frontières. La présence, en Europe, d‘une population de migrants est une réalité ; et ces personnes sont venus et viennent, encore maintenant, pour rester.
Il n‘y a cependant pas que les barrières et les frontières qui soient dirigées contre les citoyens arrivant. Cette Europe, qui a promis à tous ses citoyens un paysage juridique uniforme, dénie aux non-européens leurs droits politiques et sociaux, les relèguent au niveau de citoyens de deuxième classe. C‘est ainsi qu‘à été créée une classe de travailleurs corvéables à merci, ainsi qu‘une population défavorisée et privée de ses droits. L‘Europe, ce faisant, profite de ces conditions de travail et de ces conditions d‘existence. Dans le Sud de l‘UE, c‘est de par les travailleurs migrants que fonctionne le secteur agricole, et dans toute l‘Europe, ils apportent une contribution indispensable dans de nombreux secteurs, où leurs services sont jugés tout naturels.
Il s‘agit là de gens, avec leurs rêves et leurs espoirs, et avec des milliers de raisons de venir ou s‘en aller. Néanmoins, lorsqu‘ils arrivent en Europe, les droits de l‘Homme leur sont déniés, ils doivent se soumettre au bon-vouloir des autorités asilaires et vivent en marge de la société. Cette exclusion, ainsi que le manque de droits politiques et sociaux, induisent un état des choses insupportable qu‘on appelle « le problème migratoire » , pour pouvoir ensuite mieux justifier la répression, l‘exclusion et les expulsions.
La migration n‘est ni un crime ni un problème. C‘est la politique menée par l‘Union Européenne qui est, elle, criminelle et hautement problématique. Le pacte européen de 2008 sur l‘immigration et l‘asile n‘a fait que durcir davantage cette politique inhumaine menée depuis des années déjà. Certes, il est question de mesures à prendre en ce qui concerne l‘asile et l‘immigration, mais l‘accent a été mis exclusivement sur un renforcement des frontières et des expulsions. Ce pacte est un affront aux migrants. On parle il est vrai beaucoup de solidarité entre les pays membres de l‘UE, mais ce pacte, parce qu‘il contient l‘interdiction explicite de légalisations collectives, a privé les pays du Sud de l‘UE du seul instrument politique adapté à la situation.
C‘est un combat légitime qu‘ont entrepris les grévistes de la faim en Grèce pour obtenir leurs droits! L‘action est nécessaire, dans ce climat de répression accrue et de polémique anti-migratoire. Ce n‘est pas seulement en Grèce, mais dans toute l‘Europe et dans le monde entier que nous devons militer pour l‘obtention des mêmes droits pour tous. Nous exprimons notre solidarité envers les grévistes de la faim en Grèce et appelons tous les activistes d‘Europe à militer en faveur d‘une légalisation génerale et sans condition.
Janvier 2011 | Welcome to Europe Network